nov 13

Dieu donne dans sa Parole des promesses si magnifiques que beaucoup ont du mal à croire qu’elles soient véritables. Il leur est difficile d’admettre que Dieu les aime au point de vouloir leur accorder tout ce qu’il promet. En réalité c’est leur incrédulité qui agit comme un voile qui recouvre les promesses dont certaines sont si extraordinaires que les pensées humaines ont du mal à suivre.
Prenons par exemple la promesse « Soyez saints, car je suis saint » (Lévitique 19,2 et 1 Pierre 1,16).
L’homme est si petit dans un univers tellement grand, qu’il n’a guère d’autres moyens de se faire une idée sur Dieu que de penser qu’il est tout son contraire ! C’est ce que Luc exprime dans son Evangile en expliquant :
« Ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16,15).
Cela montre combien l’échelle des valeurs de Dieu est contraire à celle des hommes. Eux, ils s’intéressent aux richesses et honneurs terrestres comme si leur existence en dépendait. Le penchant qu’ils ont pour les biens de ce monde démontre leur scepticisme quant aux promesses de Dieu, et la manière dont ils se préoccupent des biens terrestres montre en quelle estime ils tiennent les promesses divines.
« Etre saints, comme Dieu est saints » ne signifie pas de ne pas (trop) tricher, pas (trop) mentir et ne pas (trop) s’endetter etc., mais d’être arraché à la corruption qui est dans ce monde pour devenir participant à la nature divine (2 Pierre 1,4).
« Etre saints, comme Dieu est saints » commence dans les pensées et s’exprime en paroles et actions envers le prochain. Notre vocation est d’être à jamais des frères de Christ qui reçut ce témoignage « Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes frères » (Hébreux 1,9).
Pour trouver dans ce monde des frères à lui « Christ a dû être rendu semblables en toutes choses à ses frères » (Hébreux 2, 17). Il devînt ainsi le premier né d’entre plusieurs frères ; le premier d’entre les hommes à aimer comme Dieu aime. Si Christ a aimé la justice et haï l’iniquité plus que tout autre, cela signifie que ses frères aussi aiment la justice et haïssent l’iniquité. Dieu est amour (1 Jean 4,8). Aimer est divin, toujours aimer est la justice divine !
« Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul » (Hébreux 2,11). « Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu est fils, tu est aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galates 4,7).
De même que les enfants héritent de leur père, de même les enfants de Dieu partageront avec Christ son héritage. C’est inimaginable, certes, mais c’est la vérité ! Vivre au temps de la grâce veut dire que cet héritage sera nôtre si nous renonçons non seulement aux choses terrestres mais aussi notre propre volonté. Ce qui caractérise ceux qui ont renoncé à tout c’est le fait qu’ils ne parlent et ne discutent plus des biens terrestres parce que ceux-ci n’occupent plus leurs pensées. Ils ne sont plus propriétaires mais gérants de biens dont ils disposent pour venir en aide aux nécessiteux.
Les premiers disciples « avaient accepté avec joie l’enlèvement de leur biens » parce qu’ils savaient que « des biens meilleurs et qui durent toujours » leur étaient réservés (Hébreux 10,34). Ce sont des biens célestes qui se revalorisent constamment. Jésus proposa au jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens suis-moi » (Matthieu 19,21). Vu la possibilité de devenir cohéritiers avec Christ comment pouvons-nous encore nous intéresser aux choses de ce monde ? Cela ne s’accorde pas avec la vocation céleste ! Comme on ne peut mélanger l’eau et la cire, on ne peut mélanger le ciel avec la terre. Nous ne pouvons croire aux « plus précieuses promesses » et, en même temps, convoiter ce qui est dans le monde, car la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie qui est dans le monde ne vient pas du Père (1Jean 2,15-16).
C’est l’obéissance de la foi (en les merveilleuses promesses de Dieu) qui fait que les choses d’ici bas deviennent insignifiantes et sans intérêt. Les préoccupations s’envolent et nous n’en parlons plus. Notre vie n’est certes pas exempt de souffrances, au contraire : « c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu » (Actes 14,22). Mais il s’agit là d’épreuves qui font parties de notre sanctification ; elles nous aiguillonnent à ne pas abandonner l’assurance qui s’attache à notre appel et à ne plus retourner vers les choses que nous avons rejetées.
Nul ne peut être un disciple de Christ sans renoncer à tous ses biens (Luc 14,33). Le disciple demeure dans sa Parole et (ce qui est la même chose) la Parole en lui. « Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul » (Hébreux 2,11). Christ est celui qui sanctifie et ses frères sont ceux qui sont sanctifiés. Ils sont tous issus du même Père : «des fils de votre Père qui est dans les cieux » (Matthieu 5,45). C’est pour rendre cette filiation possible que Christ a renoncé d’être égale à Dieu et participé « au sang et à la chair » pour être «tenté en toutes choses, sans commettre de péché » (Hébreux 4,14-15).
Comme Christ devait renoncer d’être égale à Dieu pour devenir semblable à nous selon la chair, de même nous devons renoncer à la chair pour devenir « semblable à l’image de son Fils ». C’est en naissant « d’eau et d’Esprit » que nous devenons un même esprit avec Christ, mais c’est en vivant crucifié que nous devenons une même chair avec lui. «Ce mystère est d’une grande portée » (Ephésiens 5,32) mais l’incrédulité empêche de le comprendre comme ce fut le cas avec Adam et Eve. L’incrédulité est en somme le véritable péché - le péché initial. C’est pour le détruire que Jésus-Christ est apparu. C’est pourquoi, aussi longtemps que le monde ne croit pas l’Esprit continue à le convaincre « en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16,8-9).
La Parole de Dieu est vivante vraie. Que celui qui doute encore se convertisse pour avoir part à cette vie magnifique : « Soyez saints, car je suis saint ! »

Kurt WOERLEN

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