Vous serez mes témoins Croître en sagesse et en grâce
juin 07

L’apôtre Paul désigne Christ comme étant le « second homme » ou le « dernier Adam » (1 Co 15,45-46). Il utilise ces deux noms pour illustrer la différence fondamentale entre le premier et le dernier Adam. La distinction est de taille, aussi bien en ce qui concerne leur origine que leur vocation. En effet, l’origine du « premier homme » - Adam - se trouve dans « la poussière de la terre » dont il a été formé par la volonté créatrice de Dieu, tandis que l’origine du « second homme » - Christ - se trouve en Dieu dont il est l’émanation : le Fils unique venu du Père (Jn 1,14). Extrait de la terre, le « premier homme » avait pour vocation de s’ouvrir à l’Esprit de Dieu pour pouvoir refléter l’amour de son divin créateur. Tandis que le « second homme », venu des cieux plein de grâce et de vérité, avait pour vocation de manifester la gloire du Père céleste parmi les descendants du premier homme.
En choisissant de façon délibérée d’accueillir l’esprit du diable plutôt que l’Esprit de Dieu, le premier Adam réduisit à néant sa vocation céleste. En ouvrant son âme aux paroles du diable, il devînt un enfant des ténèbres : « le premier né d’entre les pécheurs ». Dès lors il ne put transmettre à ses descendants que l’image perfide de celui qui devint son père à lui : le diable. C’est pour cette raison que les pécheurs ne peuvent, sans blasphémer, s’adresser à Dieu comme s’il était « leur père », à eux.
Tout n’est cependant pas perdu : les pécheurs qui le désirent peuvent, aujourd’hui encore, quitter le péché et renaître en enfants de Dieu. C’est grâce au second homme - Jésus-Christ manifesté dans la chair, pleine de grâce et de vérité (Jn 1,14) - que les descendants du premier homme - Adam - peuvent retrouver l’image divine perdue. Cette possibilité de changer de vie n’est, heureusement, pas encore révolue bien que la foi véritable se fasse rare de nos jours (Luc 18,8). Car il suffit au pécheur de se repentir, de croire et obéir à Christ en se laissant baptiser en sa mort (Ac 2,38). Le corps du péché est alors détruit en lui, il meurt à son passé et ressuscite à une vie nouvelle. Avec l’amour de Dieu que l’Esprit Saint répand dans son coeur il retrouve l’image divine perdue par son ancêtre et peut témoigner, en vérité :
Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles (2 Co 5,17).
La divine puissance qui opère cette incroyable transformation de notre être nous procure tout ce qui contribue à la vie et à la piété. Cette bénédiction spirituelle nous assure les plus grandes et les plus précieuses promesses par lesquelles nous devenons participants de la nature divine (2 Pi 1,3). Elle nous comble de dons célestes et nous rend capable à manifester la vie de Christ dans notre corps mortel : son humilité, sa douceur, sa justice et sa joie. Elle nous remplie aussi de cette merveilleuse paix divine que les anges avaient annoncée lors de la naissance du Christ :
Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée (Luc 2,14).
Elevés au rang de serviteurs et citoyens des cieux, une nouvelle relation s’instaure entre Dieu et nous, ses enfants. Désormais notre plaisir est de rechercher les richesses véritables en Christ que nous partagerons avec lui pour toujours. Contrairement aux enfants d’Adam, notre résidence principale n’est plus sur terre mais dans les cieux - au lieu du Christ - à la place qui nous a été préparée dès avant la fondation du monde. Cet endroit d’où sortira la cité qui a de solides fondements (Hé 11,10).
Les chrétiens sont souvent traités de fantasques par leurs amis inconvertis qu’ils côtoient parce qu’ils ne s’intéressent pas aux richesses terrestres. Cela n’est guère surprenant, car il n’y a pas d’affinité entre ceux qui aiment le monde et les choses qui sont dans ce monde, et ceux qui ne recherchent que les richesses du monde à venir (1 Jn 2,15). Et si Dieu permet que nous soyons traités en ennemi, c’est simplement pour nous inciter à surveiller notre coeur plus que toute autre chose. Car par manque de vigilance, nous risquons de perdre notre vie comme les enfants d’Israël la leur dans le désert (Hé 3,17).
Comme nous ne pouvons empêcher Satan à tout mettre en oeuvre pour nous priver de l’héritage qui nous est réservé dans les cieux, il vaut quelquefois mieux, pour ne pas pécher contre Dieu, « laisser le vêtement dans sa main » et nous enfuir nus, comme Joseph. Souvenons-nous aussi de Job qui perdit tout et dît :
Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre (Job 1,20).
Pour remporter le prix de la vocation céleste nous devons toujours nous porter en avant et courir vers le but (Ph 3,12). Veillons à ne pas nous laisser tenter et séduire par le diable. Sinon nous courons le risque de périr sur la « route du désert » de la vie et de perdre le prix de notre vocation céleste. Ne commettons jamais cette sottise de regarder en arrière après avoir mis la main à la charrue (Luc 9,62).
Il n’est pas toujours évident de déceler les séductions du diable. Un des présages est le manque de goût pour la nourriture solide. Comme un estomac malade nous ne la supportons plus et commençons à vomir les mets les plus précieux. Que de croyants zélés se sont laissé immobiliser à cause de leurs attachements au passé, à leur mode de vie, aux coutumes et aux rites religieux. Il se vérifie toujours à nouveau que seuls les saints et fidèles se laissent attirer par le seul trésor d’avenir : la bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Jésus-Christ.

Kurt WOERLEN

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