La richesse de la grâce De nos erreurs
sept 18

« L’Eternel Dieu forma l’homme avec la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante » (Genèse 2,7). Ce souffle infime que Dieu investit dans l’homme fait de l’âme - notre véritable Moi - un vecteur idéal pour manifester la perfection divine. Les tragédies humaines montrent combien les défis à relever nécessitent de la créativité et de l’enthousiasme. Dieu répond à cette nécessité de parfaire ce monde en se servant des victoires et des échecs de l’homme en qui il a investi son souffle de vie. C’est ce souffle - cette particule divine - qui fait la grandeur et la perfection de l’homme, aussi petit et imparfait qu’il soit. « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5,14).
L’apôtre Paul rend ce magnifique témoignage des églises de Macédoine : « Parmi les nombreuses tribulations qui les ont éprouvées, leur joie surabondante et leur profonde pauvreté ont débordé chez eux en trésors de générosité » (2 Corinthiens 8,2). Ce témoignage illustre parfaitement que nul ne peut vraiment apprécier le bonheur et la joie sans avoir connu la pauvreté, l’affliction et la souffrance. Ce sont les épreuves qui forgent le caractère. Il arrive souvent que ceux qui se sont enrichis et imposés dans le monde des affaires racontent fièrement que leur réussite est le résultat des efforts infatigables accomplis pour sortir de la misère et du mépris endurés dans leur enfance. D’autres gens, souvent des plus humbles, racontent avec émotion combien les terribles cataclysmes dont ils ont été victimes ont suscités de part et d’autres de tels trésors de générosité, de compassion et de bonté qu’ils ont pu refaire leur vie. Les récits de détresses, de malheurs, de désespoirs et de tribulations endurées sont souvent des drames épiques où les âmes transcendent leurs souffrances par la foi, l’espérance et l’amour du prochain. Certes, les réactions face aux détresses ne sont pas toujours si nobles, il y a aussi des travers. Mais c’est le prix à payer pour qui tend à la perfection.
Beaucoup ne comprennent pas que la joie et le bonheur sont les fruits des souffrances, ni que le bien est conditionné par le mal, l’amour par la haine, le bonheur par la tristesse et la victoire par de possibles échecs. « Christ a appris, bien qu’il soit Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes; après avoir été élevé à la perfection, il est devenu, pour tout ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel » (Hébreux 5,8-9). C’est dans les épreuves que nous pouvons apprendre à obéir au commandement de Christ : « Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres » (Jean 13,34). Apprendre à surmonter la souffrance par la bonté et l’amour est ce que nous pouvons faire de mieux pour servir Dieu.
« La connaissance enfle, mais l’amour édifie. Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui » (1 Corinthiens 8,1-3). Nous avons tous de la connaissance ; mais que savons-nous ? Les hommes ont de l’imagination et des certitudes ; mais Dieu se rit d’eux : « Les rois de la terre s’insurgent, les princes tiennent tête à Yahvé et à son Messie… Celui qui siège dans les cieux s’en amuse, Yahvé les tourne en dérision » (Psaume 2,2-4). D’où vient que l’homme s’attriste, s’insurge, se rebelle et s’entête ? Parce qu’il ne voit que l’envers désordonnée, confuse et sombre de la tapisserie de la vie. Dieu, lui, voit avec amusement comment les nœuds et les fils qui s’entrelacent pêle-mêle à l’arrière de la tapisserie se transforment sur le devant en un tableau magnifique qui dévoile petit à petit ses divins desseins.
Dieu n’est pas seulement « en dehors » du monde, il est aussi « dans » le monde où il est intimement impliqué dans les souffrances, les afflictions et les joies de notre vie. En partageant nos épreuves, Dieu rend notre vie plus significatives, les difficultés plus digestes et les plaisirs encore plus grandes. Selon l’adage : « Une tristesse partagée est une demi tristesse ; une joie partagée est une double joie ». Car « Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces » (1 Corinthiens 10,13). Mais ce n’est pas pour cela que nous devons attrister Dieu pour des causes aussi futiles que des pertes d’argent et d’honneur parce que nous n’avons pas encore appris à les digérer. De fait, les épreuves que nous traversons, aussi difficiles soient-elles, sont toujours des possibilités de croissance et de perfectionnement.
Kurt WOERLEN

Laisser une réponse

Fermer
Envoyez-le par mail