Soyez saints...

Mais, à l’exemple du Saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, selon qu’il est écrit ; Vous serez saints parce que moi, je suis saint. (1 Pierre 1, 15-16)
Dieu donne dans sa Parole des promesses si magnifiques que beaucoup ont du mal à croire qu’elles soient véritables. Il leur est difficile d’admettre que Dieu les aime au point de vouloir leur accorder tout ce qu’il promet. En réalité c’est leur incrédulité qui agit comme un voile qui recouvre les promesses, dont certaines sont si extraordinaires que les pensées humaines ont du mal à suivre. Prenons par exemple celle-ci :
Soyez saints, car je suis saint. (Lévitique 19, 2
L’homme est si petit dans un univers tellement grand, qu’il n’a guère d’autres moyens de se faire une idée sur Dieu que de penser qu’il est tout son contraire ! C’est ce que Luc exprime dans son Evangile en expliquant :
Ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. (Luc 16, 15)
Cela montre combien l’échelle des valeurs de Dieu est contraire à celle des hommes. Eux, ils s’intéressent aux richesses et honneurs terrestres comme si leur salut et leur existence en dépendaient. Le penchant qu’ils ont pour les biens de ce monde démontre leur scepticisme quant aux promesses de Dieu. Et la manière dont ils se préoccupent des biens terrestres montre en quelle estime ils tiennent les promesses divines.
Etre saints, comme Dieu est saint ne signifie pas de ne pas (trop) tricher, pas (trop) mentir et ne pas (trop) s’endetter etc., mais d’être arraché à la corruption qui est dans ce monde pour devenir participant à la nature divine. (2 Pierre 1, 4)
Etre saints, comme Dieu est saint commence dans les pensées et s’exprime en paroles et en actions envers le prochain. Notre vocation est d’être à jamais des frères de Jésus Christ qui reçut ce témoignage :
Tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes frères. (Hébreux 1, 9)
Pour trouver dans ce monde des frères à lui Christ a dû être rendu semblables en toutes choses à ses frères. (Hébreux 2, 17) Il devînt ainsi le premier né d’entre plusieurs frères ; le premier d’entre les hommes à aimer comme Dieu aime. Si Christ a aimé la justice et haï l’iniquité plus que tout autre, cela signifie que ses frères aussi aiment la justice et haïssent l’iniquité. Dieu est amour (1 Jean 4, 8). Aimer est divin, toujours aimer est la justice divine !
Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul. (Hébreux 2, 11)
Aussi n’es-tu plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. (Galates 4, 7)
De même que les enfants héritent de leur père, de même les enfants de Dieu partageront son héritage avec Jésus-Christ leur frère. C’est inimaginable, certes, mais c’est la promesse de Dieu ! Vivre au temps de la grâce veut dire que cet héritage sera nôtre si nous renonçons non seulement aux choses terrestres mais aussi à notre propre volonté. Ce qui caractérise ceux qui ont renoncé à tout c’est le fait qu’ils ne parlent ni ne discutent des biens terrestres parce que ces choses ne préoccupent leurs pensées. Ils ne sont plus propriétaires mais gèrent les biens pour venir en aide aux nécessiteux. Les premiers disciples reçurent ce témoignage :
Vous avez accepté avec joie la spoliation de vous biens, sachant que vous étiez en possession d’une richesse meilleure et stable. (Hébreux 10, 34)
Cette richesse meilleure et stable ce sont des biens célestes qui ne se dévalorisent jamais, au contraire. C’est pourquoi, Jésus proposa au jeune homme riche :
Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens suis-moi. (Matthieu 19, 21)
Vu la possibilité de devenir cohéritiers avec Christ comment pouvons-nous encore nous intéresser aux choses de ce monde ? Cela ne s’accorde pas avec la vocation céleste ! Comme on ne peut mélanger l’eau et la cire, on ne peut mélanger le ciel et la terre. Nous ne pouvons croire aux plus précieuses promesses et convoiter en même temps ce qui est dans le monde, car la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie qui est dans le monde ne vient pas du Père. (1 Jean 2, 15-16)
C’est l’obéissance de la foi (en les merveilleuses promesses de Dieu) qui fait que les choses d’ici bas deviennent insignifiantes et sans intérêt. Les préoccupations s’envolent et nous n’en parlons plus. Notre vie n’est certes pas exempte de souffrances, au contraire :
C’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. (Actes 14, 22)
Mais il s’agit là d’épreuves qui font parties de notre sanctification ; elles nous aiguillonnent à ne pas abandonner l’assurance qui s’attache à notre appel et à ne plus retourner vers les choses que nous avons rejetées.
Nul ne peut être un disciple de Christ sans renoncer à tous ses biens. (Luc 14, 33) Le disciple demeure dans la Parole de Christ et la Parole de Christ demeure en lui.
Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous issus d’un seul. (Hébreux 2, 11)
Christ est celui qui sanctifie et ses frères sont les sanctifiés. Ils sont tous issus du même Père : des fils de votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5, 45) C’est pour rendre cette filiation possible que Christ a renoncé d’être égale à Dieu et participé au sang et à la chair pour être tenté en toutes choses, sans commettre de péché. (Hébreux 4, 14-15)
Comme Christ devait renoncer d’être égale à Dieu pour devenir semblable à nous selon la chair, de même nous devons renoncer à la chair pour devenir semblable à l’image de son Fils. C’est en naissant d’eau et d’Esprit que nous devenons un même esprit avec Christ, mais c’est en vivant crucifié que nous devenons une même chair avec lui. Ce mystère est d’une grande portée. (Ephésiens 5, 32) Mais l’incrédulité empêche de le comprendre comme ce fut le cas avec Adam et Eve. L’incrédulité est en somme le véritable péché - le péché initial. C’est pour le détruire que Jésus-Christ est apparu.
Aussi longtemps que le monde ne croit pas, l’Esprit va continuer à le convaincre en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement. (Jean 16, 8-9) La Parole de Dieu est vivante et vraie. Que celui qui doute encore se convertisse pour avoir part à cette vie magnifique en répondant à cette divine invitation :
Soyez saints, car je suis saint !