août 27

Il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. (Ephésiens 2,6-7).
Il n’y a pas de résurrection sans mort et il n’y a pas de résurrection sans Dieu. Dieu est la vie. La vie est de Dieu et elle est en Dieu. Dieu seul peut redonner la vie aux morts et, selon son dessein éternel, les faire asseoir dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. « Il nous a ressuscités », dit l’apôtre. Cette résurrection spirituelle se réalise lors du baptême de régénération lorsque nous mourons au péché par une mort semblable à celle de Christ. Et si cette mort est vraie, Dieu nous rend à la vie par une résurrection semblable à celle de Christ.
Nous pouvons croire en Christ en ne retenant de lui que « sa mort » rédemptrice ; mais nous pouvons aussi croire en « sa vie » de résurrection d’entre les morts. A ces deux possibilités de croire correspondent deux expressions de la grâce de Dieu : la grâce qui réconcilie les pécheurs avec Dieu, en raison de « la mort » assumée par Christ, et, la grâce qui procure à ceux qui ont été réconciliés « l’infinie richesse de sa grâce » par « la vie » de Christ (Romains 5,8-10).
« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2,3). Il ne désire pas que les croyants se contentent du pardon des péchés et de la réconciliation que leur procure « la mort » de son Fils ; il aimerait aussi les faire participer au salut que procure « la vie » de son Fils. Le salut qui affranchit du péché et sauve de tout ce qui est humain et terrestre ; le salut où les disciples apprennent à aimer, à souffrir et à servir ceux qui les entourent, en particulier les frères dans la foi ; le salut qui fait croître en sainteté au service de la volonté de Dieu.
La richesse de la grâce en Jésus-Christ surpasse de beaucoup la puissance du péché et de la mort qui règne dans l’humanité depuis le choix malheureux d’Adam. La grâce en Jésus-Christ est une puissance de vie qui affranchit non seulement de la puissance du péché et de la mort, mais de tout ce qui est contraire aux desseins parfaits de Dieu. Bref, la grâce en Jésus-Christ est une puissance qui peut tout, sauf aider ceux qui choisissent délibérément de rester dans le péché et la mort. Mais en refusant la main que Dieu leur tend, ils ne trouveront jamais la paix.
La grâce est une semence divine qui ne reste pas inactive lorsqu’elle est reçue dans un coeur honnête et bon. De même que la semence du péché se développait en nous, par le passé, de même la semence de justice se développe en nous, maintenant, de jour en jour. Car comme la mort et le péché du premier Adam ont atteint tous les hommes, de même la vie et la justice du second Adam (Jésus-Christ) s’étendent à tous ceux qui reçoivent sa merveilleuse grâce.
Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce (Romains 6,14).
Le péché ne peut se perpétuer en ceux qui sont morts avec Christ et participent à sa vie de résurrection. Et pourquoi pas ? Parce que la mort de Christ agit comme un antidote qui réduit le corps du péché à l’impuissance et qui en affranchit le croyant qui a tout renoncé pour suivre Christ.
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres (Jean 8,36).
Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice (Romains 6,18).
La vie de péché est le fruit naturel des enfants d’Adam ; la vie de justice est le fruit spirituel des enfants de Dieu. Et comme nous portions sous l’esclavage du péché des fruits dont nous rougissons aujourd’hui (parce que leur aboutissement est la mort), de même nous avons aujourd’hui, étant libérés du péché et asservies à Dieu, pour fruits la sainteté dont l’aboutissement est la vie éternelle (Romains 6,22).
La grâce est l’arbre de vie de la nouvelle Alliance. Un arbre de vie qui ne peut produire de mauvais fruits, bien que l’arbre de la connaissance du bien et du mal - notre nature charnelle - soit toujours là pour nous tenter et éprouver.
Mais « maintenant » nous ne sommes plus redevables à la chair pour vivre encore selon la chair. En tant que citoyens des cieux, nous avons le pouvoir de résister aux tentations et de nous enraciner toujours plus profondément dans l’amour de Christ. C’est pourquoi, Dieu avertit ceux qui, à l’exemple d’Adam, mépriseraient ce si grand salut des conséquences de leur choix :
Si vous vivez selon la chair [en mangeant son fruit], vous mourrez (Romains 8,13).

Kurt WOERLEN

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