Bien que libres, nous ne pouvons exprimer nos choix que dans le cadre du dessein de Dieu. Quels que soient nos choix, ils vont s’insérer dans le plan de Dieu pour mener à bien ses desseins.
Nous pouvons choisir de ne pas faire la volonté de Dieu mais nous ne pouvons jamais empêcher que la sienne se fasse. Que nous choisissions de faire la volonté de Dieu ou la nôtre, nos choix n’annuleront jamais les desseins de Dieu mais contribueront finalement à l’accomplissement de sa volonté.
Mais pourquoi choisirions-nous autre chose que la volonté de Dieu ? Et pourquoi affirmer : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent ! » quand nous ne savons pas ce que demain sera notre vie ? (Jacques 4,13-14). D’où cette exhortation : « Ne te félicite pas du lendemain, car tu ignore ce qu’aujourd’hui enfantera » (Proverbes 27,1).
Joseph avait des frères qui le prirent en haine au point de vouloir le tuer. Cependant, sans s’en rendre compte, ils se substituèrent au dessein de Dieu et finirent par le vendre. Et c’est bien plus tard que Joseph lui-même révéla à ses frères le plan de Dieu : « Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux » (Genèse 50,20).
Il en fut de même de Pharaon en Egypte. Un jour il ordonna que tous les enfants mâles qui naîtront des Hébreux soient jetés dans le Nil (Exode 1,22). Mais Yokébed cacha son enfant dans un panier étanche qu’elle déposa dans les roseaux sur la rive du Fleuve. C’est là que la fille de Pharaon, qui descendit au Fleuve pour s’y baigner, découvre le petit garçon et en fît son fils. Elle l’appela Moïse et lui procura cette éducation royale dont il se servira pour libérer les Hébreux de l’esclavage. Ainsi, bien que Pharaon décide de s’opposer aux desseins de Dieu, son choix contribua directement à la réalisation du plan divin.
Une chose similaire arriva à Aman, ministre du roi Assuérus de Perse. En faisant le choix d’exterminer le peuple juif du royaume (Esther 3,8-9), il prépara en fait, sans une intervention manifeste de Dieu, une potence qui servira à sa propre pendaison (Esther 7,9-10).
Alors pourquoi continuer à choisir ? Parce que les choix sont primordiaux pour nous-mêmes. Car nos choix expriment soit notre amour pour Dieu soit notre volonté de vivre séparé de lui, voir en conflit avec lui. Les Ecritures précisent : « Ce sont vous fautes qui ont creusé un abîme entre vous et votre Dieu. Vos péchés ont fait qu’il vous cache sa face et refuse de vous entendre » (Isaïe 59,2).
Dieu, lui, ne se considère jamais comme séparé de nous ; nous par contre, à cause de nos mauvais choix, nous avons le sentiment d’être séparés de Lui. Et si nous allons jusqu’à craindre que Dieu nous punisse, c’est uniquement parce que nous ignorons qu’il n’a nullement besoin de le faire puisque nous le faisons suffisamment bien nous-mêmes : Nos choix hostiles à Dieu nous créent notre propre enfer.
A contrario, en choisissant d’accorder au mieux notre volonté avec la volonté de Dieu, nous naissons d’eau et d’Esprit et entrons dans le Royaume de Dieu (Jean 3,5) où nous goûtons l’amour sublime de Dieu.
Kurt WOERLEN



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