Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés). (Ephésiens 2,4-5)
La miséricorde de Dieu est si riche et généreuse qu’elle dépasse toute notre imagination. Lui seul pouvait se charger de nous conduire vers une vie nouvelle en Christ sans que nous y soyons pour quelque chose. Il n’y a pas de pécheurs - même les pires malfaiteurs – qui ne puissent passer de la mort à la vie dès lors qu’ils pleurent sur leurs péchés et se convertissent. Dans sa miséricorde Dieu incite l’homme à se détourner d’une conduite qui ne lui attire que malheur et la vengeance de ses semblables.
L’expression universelle de la miséricorde de Dieu c’est l’envoi de sa Parole pour guérir ceux qui crient à lui dans leur détresse (Psaume 107,20). Mais l’expression spécifique de sa miséricorde c’est Jésus-Christ : « la Parole faite chair ». Dès lors que l’Evangile - la Bonne Nouvelle - est reçu et retenu avec foi dans un coeur, il engendre, telle une semence incorruptible, cette vie nouvelle qui nous fait passer de la mort à la vie en Christ. Ce n’est qu’en ceux qui méprisent l’Évangile que la miséricorde de Dieu est sans effet.
« Se dire chrétien » et « être chrétien » n’est pas la même chose. Les premiers « se réfèrent à Christ » tout en mettant leur confiance en la chair ; ce sont de faux circoncis. Les seconds « sont en Christ » et mettent leur confiance en lui ; ce sont les vrais circoncis (Philippiens 3,2-3). Malheureusement il y a beaucoup de croyants de nos jours, des chrétiens de nom, qui se contentent d’adhérer à un parti religieux tout en restant ambitieux, vaniteux, cupides, colériques et violents. Et les plus pieux en apparence sont souvent les plus corrompus.
A l’image des pharisiens et des scribes, ces croyants ne croient pas qu’ils soient « morts dans leurs péchés » ni qu’ils aient besoin, au-delà du pardon des péchés, du salut par la vie de Christ (Romains 5,10). Ils ont des oreilles qui n’entendent pas et des yeux qui ne voient pas que Christ n’est pas venu pour couvrir les péchés, mais pour nous en affranchir et nous procurer cette vie véritable qui a pour fruits la sainteté, et pour fin la vie éternelle.
Etre sauvé par grâce est la même chose que d’être mort au péché, affranchis du pouvoir de Satan et ressuscité avec Christ. Et étant ressuscités avec Christ et tirés de l’abandon et de la perdition, notre esprit se trouve dans les cieux où il participe aux activités célestes. C’est pourquoi nous ne vivons plus pour nous-mêmes mais pour Dieu.
Il ne faut jamais par incrédulité amoindrir la richesse de la grâce et de la miséricorde de Dieu comme s’il nous demandait de nous affranchir nous-mêmes du péché. Et pour cause : cela serait aussi impossible que de changer la couleur de notre peau. Mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu (Luc 18,27) qui, à cause du péché qui s’étend sur tous les hommes, a envoyé son Fils dans une chair semblable à celle du péché (Romains 8,3) pour les sauver. Christ a vécu sur terre pour détruire les oeuvres du diable et remédier aux conséquences du péché en devenant la victime innocente de la violence des hommes. Il ne pouvait que mourir parce que nous étions encore des pécheurs.
Ainsi, devenir un enfant de Dieu ne résulte pas d’un mérite quelconque mais uniquement de cette grâce salutaire qui, selon les paroles mêmes du Seigneur, est accessible à quiconque croient :
« Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16,16).
Ceux qui désirent quitter le péché doivent nécessairement être baptisés en la mort de Christ pour que le « corps du péché » soit détruit (Romains 6,6). Les autres, les indifférents et ceux qui méprisent la miséricorde de Dieu par leur incrédulité, se condamnent eux-mêmes à rester dans les ténèbres du péché.
« La richesse de la gloire de l’héritage » qui est réservé aux saints est incompréhensible à la raison humaine. Cependant, nous comprenons que la grâce en Jésus-Christ ne doit jamais être mélangée avec l’iniquité et le péché car le fondement de Dieu porte ce sceau :
« Qu’il évite l’iniquité, celui qui prononce le nom du Seigneur » (2 Timothée 2,19) !
« Nous qui étions morts », écrit l’apôtre Paul qui ne pouvait oublier de quelle manière Christ l’avait sorti des ténèbres, lui, le juif pieux, pour le placer dans son admirable lumière ensemble avec les croyants issus des Nations. Bien qu’enraciné dans la tradition religieuse d’Israël, il était quelqu’un dont Dieu pouvait dire, à l’instar du père du fils prodigue :
« Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (Luc 15,24).
C’est en croyant du coeur que nous parvenons à la justice et que nous apprenons que la nature adamique héritée de nos pères ne peut être ni améliorée et qu’elle doit mourir si nous ne voulons pas rester esclaves du péché. L’affection de la chair entraîne la mort parce qu’elle est inimitié et contraire à l’amour de Dieu (Romains 8,5-13).
« Mourir au péché » s’opère à travers le baptême de foi où le croyant est « crucifié avec Christ » (Galates 2,20) et meurt une mort semblable à la sienne. Certes, le rôle principal du baptême n’est pas de mourir au péché mais de nous ressusciter à la vie et à la liberté glorieuse des enfants de Dieu.
Il y a des miracles de toute nature dans ce monde. Mais il n’y aura jamais de plus grand que l’affranchissement des liens du péché. Et c’est à juste titre que les anges du ciel se réjouissent de tout pécheur qui se repent, car pour lui il n’y a plus d’obstacle qui entrave sa communion avec Dieu. Ressuscités avec Christ et affranchis de l’esclavage du péché nous sommes capables de vaincre toutes les adversités et afflictions et de témoigner : « Notre foi est la victoire qui a vaincu le monde. »
Kurt WOERLEN



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