nov 27

Aujourd’hui, nous vivons encore sous la première économie tout en attendant, comme les générations qui nous ont précédées, l’avènement du règne du Fils de Dieu. Cette attente éprouve naturellement notre foi. Car malgré la venue de l’Esprit Saint, nous constatons que les puissances des ténèbres sont toujours aussi actives pour tenir les hommes assujettis au péché et à la mort. Mais à quelque chose malheur est bon : Nous devenons plus sensibles aux injonctions de l’Esprit Saint et le laissons plus facilement nous conduire et nous former. Et puis nous savons que les puissances des ténèbres ne prévalent point aussi longtemps que nous laissons l’Esprit Saint régner en nous.
Et pourquoi ne peuvent-elles pas vaincre ? Parce que les enfants de Dieu ont pour leitmotiv : d’abord les souffrances, ensuite la gloire ! Leur unique désir est de suivre le maître partout où il va pour être rachetés de la terre et d’entre les hommes comme des prémices pour Dieu et l’Agneau (Apocalypse 14,3-4). Ils apprennent à regarder comme un sujet de joie complète les diverses épreuves, afflictions et tribulations qui les assaillent dans ce monde. Car ce sont ces moyens qui les transforment en l’image de Christ, de gloire en gloire.
« Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore ta jeunesse vient à toi comme une rosée » (Psaume 110,3).
Ce qui sur terre est visible de ce peuple ardent et zélé n’est qu’une petite partie des membres du corps de Christ. Pour percevoir son corps avec tous ses membres unis et maintenus par le lien de la perfection qu’est la charité (Colossiens 3,14), il faut que l’Esprit nous le fasse entrevoir. Ce n’est qu’à la fin des temps, quand ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre seront réunis en Christ que son corps se révélera dans toute sa splendeur. En attendant cet avènement, la communion des saints restera en partie au ciel et en partie sur cette terre où tous ceux qui ont l’espérance de la gloire à venir «se purifient comme lui-même est pur» (1 Jean 3,3).
Sous l’ancienne Alliance, les croyants étaient justifiés par «l’espérance» en le Messie à venir ; sous la nouvelle Alliance, les croyants sont justifiés par «la foi» que Jésus est le Christ - le Messie. Il ne s’agit pas de cette foi rationnelle en un Christ historique, mais de cette foi qui confesse que Jésus Christ est venu (et vient encore) habiter dans « la chair ». Dès qu’un croyant peut confesser que Jésus-Christ est venu vivre dans son coeur, nous savons que son esprit est de Dieu. C’est par là que se différencient les esprits de Christ et de l’Antéchrist (1 Jean 4,2-4). Et cette différence se constate facilement en observant l’affection que les uns et les autres portent aux choses de ce monde. Car :
« L’affection de la chair, c’est la mort ; tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix » (Romains 8,5-6).
Ceux qui ne se sont jamais convertis de l’erreur à considérer comme bon tout ce que le monde approuve comme bon ne peuvent que jalouser les fruits de l’Esprit qui abondent chez les enfants de Dieu qui manifestent la vie de Christ dans leur corps mortel. Car eux s’affectionnent aux choses d’en haut : à la justice, la paix et la joie ; ils possèdent l’espérance vivante de la gloire à venir.

Kurt WOERLEN

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