La signification profonde de la conversion est de recevoir « la pensée de Christ », cet entendement nouveau qui s’oppose à notre entendement humain qui nous fait vivre égoïstement en défendant nos intérêts, nos avantages et qui nous pousse à chercher la faveur des hommes.
Toute véritable conversion chrétienne procure un entendement nouveau : La pensée de Jésus-Christ. Une telle conversion change tout de fond en comble ! La vie se transforme au point que l’on ne pense plus à ses propres intérêts mais à ce qui est profitable aux prochains. Au lieu de chercher la faveur des hommes, comme par le passé, « l’homme né de nouveau » cherche à plaire à Dieu et à lui être agréable.
Sans la pensée de Christ, l’homme est obligatoirement animé par des pensées contraires à celles de Christ. C’est pourquoi, ceux qui gardent leur vielle manière humaine de penser, ne peuvent jamais vivre en nouveauté de vie. Une seule chose est alors nécessaire : recevoir la pensée de Christ pour changer d’entendement et de vie.
« L’homme spirituel, au contraire, juge de tout, et lui-même n’est jugé par personne. Qui en effet a connu la pensée du Seigneur, pour pouvoir l’instruire ? Et nous l’avons, nous, la pensée du Christ » (1 Corinthiens 2,15-16).
Et pourquoi une personne naturelle ne pourrait-elle pas sonder un homme spirituel ? Tout simplement parce que l’homme spirituel est celui qui vit dans la pensée de Christ dont les mobiles et les aspirations sont à l’opposé des autres hommes. Ainsi, pour qui est animé de la pensée de Christ, les biens terrestres n’ont plus ni importance ni intérêt. Ce sont des « choses vaines » qui ne changent rien, absolument rien, dans la vie d’un disciple de Christ ! Car celui-ci a pris à cœur l’exhortation que Jésus adressa à Marthe :
« Tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses ; pourtant il en faut peu, une seule même » (Luc 10,41-42).
La seule chose qui soit nécessaire pour être transformé intérieurement par la parole de Dieu, c’est de faire sa volonté joyeusement en toutes circonstances en vivant pour les autres et en servant notre prochain.
Qu’une seule chose soit nécessaire signifie obligatoirement que les autres choses sont non seulement inutiles et désavantageuses mais, comme s’exprime l’apôtre Paul, à considérer comme des déchets (Philippiens 3,8). Il n’est guère étonnant que cet entendement de l’apôtre n’ait jamais suscité beaucoup d’imitateurs. Aujourd’hui, plus que jamais auparavant, les prédicateurs et leurs disciples voient dans les biens terrestres plutôt une véritable source de gain.
Certes, il s’agit là de croyants qui n’ont jamais changé ni d’entendement ni de manière de penser. Car s’il en était autrement, on ne les entendait pas toujours se plaindre et se révolter envers et contre tout…
Heureusement, il y a encore ce « aujourd’hui, si vous entendez sa voix… » (Hébreux 3,7) pour permettre à ceux qui aspirent à une autre vie - une vie nouvelle – de se convertir à Jésus-Christ. «Mieux vaut tard que jamais », dit le proverbe. Et quel bonheur lorsque le vieil entendement a cédé sa place à la pensée de Christ et que notre âme se remplie de l’amour et de la bonté de Christ !
« Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jean 11,40).
Kurt WOERLEN



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