Vous serez parfaits

Nous pouvons approcher la vérité avec des mots et des concepts, mais pour vraiment la connaître, nous devons l’expérimenter. La vérité est comme une symphonie dont nous ne pouvons apprécier la beauté que si nous apprenons à la lire, la jouer et la chanter. La Parole de Dieu est comme une symphonie. Lorsque nous sommes entourés de beaucoup de monde, nous réalisons que nous sommes comme «°des riens ». Mais au milieu de cette foule, où tous sont «°des rien », nous sentons au fond du coeur que nous avons une vocation dans ce monde. Certes, nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu (Esaïe 55,8). Dieu est insaisissable et nous ne savons de lui que ce qu’il nous révèle dans un monde crée selon une logique divine. Dieu n’a pas besoin de faire quoi que ce soit. Etant la perfection absolue, il peut la propager à l’infinie. C’est pourquoi, Dieu créa intentionnellement le chaos - une imperfection - qui conditionne tout perfectionnement.
Pour manifester toute la richesse de sa grâce dans ce monde imparfait, Dieu choisit l’homme pour être un vase qui exprime la perfection divine. «°Le souffle de vie°»que l’homme a goûté un court instant lors de sa création, fit naître en son âme une soif de perfection divine. D’où sa lutte constante pour améliorer le monde et lui-même. Cet esprit de vie est ce qui est divin et parfait dans l’homme imparfait. Le bonheur est la certitude d’être nécessaire. Si nous avons l’impression que personne n’a besoin de nous, nous sommes malheureux. En tout cas, la foi que nous soyons nécessaire provient du fait que nous le sommes réellement pour Dieu. «°Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent l’adorer°» (Jean 4,24). D’aucuns s’imaginent que Dieu se trouve quelque part dans l’univers d’où il créa l’homme par plaisir et sans dessein particulier. Une telle vision enlève toute signification à l’existence de l’homme : nous ne servons à rien et notre vie n’a pas de sens. Heureusement les Evangiles montrent clairement que Dieu, qui ne cesse d’agir dans la création, a besoin de l’homme pour manifester sa perfection. Christ situait son œuvre dans la continuité de l’oeuvre de Dieu : «°Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent et j’œuvre moi aussi (Jean 5,17). La certitude d’être nécessaire fait parti du bonheur humain. Dieu y répond en choisissant les hommes imparfaits pour manifester à travers eux sa perfection divine. «°Yahvé parcourt des yeux toute la terre pour affermir ceux dont le cœur est tout entier tourné vers lui°» (2 Chroniques 16,9).
«°Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et du vide°» (Genèse 1,1-2). Ce constat d’une terre chaotique donne l’impression d’une création inachevée. Mais c’est justement son état chaotique qui rend la création parfaite, car ainsi elle se prête idéalement au développement qui la mènera à une infinie perfection. La vocation de l’homme est de contribuer à la transformation du monde chaotique en un lieu d’harmonie et de paix. Cette oeuvre se fait en parallèle avec la transformation du chaos qui règne dans l’homme. Pour ce faire, il peut disposer de la puissance de l’Esprit qui lui permet de témoigner jusqu’aux extrémités de la terre. S’engager dans ce témoignage est la promesse de belles victoires : «°Grâce soit rendu à Dieu qui, dans le Christ, nous emmène sans cesse dans son triomphe et qui, par nous, répand en tous lieux le parfum de sa connaissance°» (2 Corinthiens 2,14). L’adage, «°Personne n’est parfait°» exprime précisément ce qui est si parfait dans ce monde. Certes, ce n’est vrai que si nous utilisons l’imperfection comme points de départ pour nous engager sur le chemin resserré qui mène à la vie (Matthieu 7,14). Si nous ne le faisons pas, nous excluons Dieu de la vie et perdons le sens de notre existence. Dieu sait que notre mission sera difficile et que nous n’aurons pas de victoire sans renoncer à notre vie à cause de lui. «°Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera°» (Matthieu 10,39). Ainsi se transforment les hommes et ce monde imparfaits lentement en des lieux où s’exprime la divine perfection. «°Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle – car le premier ciel et la première terre ont disparu°» (Apocalypse 21,1).