- La lettre aux Ephésiens
- Ephésiens 1
- Ephésiens 2
- Morts par les offenses
- Enfants de colères
- Rendu à la vie
- L'infinie richesse de sa grâce
- De la grâce et des œuvres
- Créés en Jésus-Christ pour…
- Sans espérance et sans Dieu
- Jadis éloignés, maintenant rapprochés
- L'inimitié, un mur qui sépare...
- Réconciliés en un seul corps
- Une paix pour tous
- Accès auprès du Père
- Gens de la maison de Dieu
- Etre une habitation de Dieu
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- Ephésiens 6
Sans espérance et sans Dieu
C'est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu'on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l'homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. (Ephésiens 2,11-12)
Pour inciter les Éphésiens à mieux saisir la différence entre autrefois et maintenant, l'apôtre les exhorte à se souvenir de l'époque où ils vivaient encore sans Christ et étrangers aux alliances de la promesse. Se remémorer ce autrefois contribue non seulement à rester humbles et reconnaissants, mais permet aussi de vérifier ce que la grâce de Dieu a pu accomplir dans une vie. Ceux qui ont goûté la grâce de Dieu connaissent forcément la différence entre les choses anciennes et les choses nouvelles ; ils ne peuvent oublier l'appel du Fils de Dieu lorsqu’ils étaient autrefois encore morts dans le péché.
Oui, vraiment, je vous l'assure : le temps viendra- en fait, nous y sommes déjà - où les morts entendront l'appel du Fils de Dieu, et tous ceux qui l'entendront reprendront vie. (Jean 5,25)
Beaucoup de ceux qui se disent chrétiens n'ont jamais entendu l’appel du Fils de Dieu et sont incapables de témoigner à quel moment ils auraient bénéficiés de cette grâce, ni quand et comment ils ressuscitèrent de leur mort spirituelle pour reprendre vie. En absence d'un tel témoignage, il faut craindre que ces croyants se trompent eux-mêmes.
Les Éphésiens que les Juifs appelaient avec mépris «les incirconcis» vivaient «autrefois» sans Dieu et sans espérance dans un monde dont ils n'attendaient rien d’autre que survivre. Et bien qu'ils n'en fussent point responsables de leur situation précaire, ils ne pouvaient, comme païens, prétendre à la citoyenneté en Israël. Tout métissage leur était refusé. Pour mieux connaître Dieu, les païens n'avaient pas d'autre possibilités que se référer aux perfections invisibles de Dieu et sa puissance éternelle que tout être humain peut voir dans ses ouvrages (Romains 1,19-21).
L’apôtre définit ici ce qui différencie les nations aux yeux d’Israël : elles sont sans circoncision, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu. Paul oppose à «l'incirconcision» des nations «la circoncision» du peuple d'Israël. Cette différenciation s’explique du fait que tout homme en Israël devait porter dans sa chair le signe de la circoncision pour perpétuer l'alliance que Dieu fit avec Abraham et ses descendants. Ainsi, tout circoncis vivant en Israël est censé appartenir à Dieu, et Dieu est censé lui appartenir.
Vous les observerez et vous les mettrez en pratique ; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront parler de toutes ces lois et qui diront : cette grande nation est un peuple absolument sage et intelligent ! (Deutéronome 4,6)
Bien sûr, ce n'est pas la circoncision qui éleva Israël au premier rang des nations de son temps mais les révélations et les lois que Dieu lui avait confiées. L'observance de ces ordonnances divines rendaient Israël plus sage et plus intelligent que les nations païens, et les bénédictions découlant de la promesse faites à Abraham enrichissaient le peuple au point que la reine de Saba s’exclama :
Ce que j’ai entendu dire sur toi et ta sagesse dans mon pays était donc vrai ! Je n’ai pas voulu croire ce qu’on disait… tu surpasse en sagesse et en prospérité la renommé dont j’aie eu l’écho. (1 Rois 10,6-7)
Le peuple juif devenait malheureusement si hautain et fier de sa prospérité, de sa sagesse et son intelligence qu'il commençait à considérer « les incirconcis » comme infréquentables. Ainsi, les circoncis méprisaient les incirconcis, et les incirconcis méprisaient les circoncis. Il s'en suivit une telle aversion entre l’Israël circoncis et les nations incirconcis qu'une hostilité permanente s'instaurait entre eux. Un état d'esprit qui n'a guère changé de nos jours.
Mais ce qui est bien plus triste c'est que la même hostilité se pratique dans les différentes sectes et églises chrétiennes. Et pourquoi ? Parce que chacune prétend au monopole de la vérité, et parce que les ressentiments ne disparaissent que lorsque l'Esprit Saint peut circoncire le cœur. Seul l'Esprit de vérité, qui guide dans la vérité tout entière, est capable de juger les cœurs et accorder à ceux qui ont renoncé à la vaine manière de vivre, héritée de leurs pères, le droit de cité dans l'Israël spirituel.
Car les circoncis, c'est nous qui rendons à Dieu notre culte par l'Esprit de Dieu, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons point notre confiance en la chair . (Philippiens 3,3)
Et la circoncision, ce n'est pas celle qui est visible dans la chair... c'est celle du cœur, selon l'Esprit et non selon la lettre. (Romains 2,29).
Quels sont les effets de cette circoncision spirituelle ? Ils sont considérables ! Car la circoncision du cœur détruit la vieille nature et régénère l'homme intérieur en une nouvelle créature capable d'aimer Dieu de tout son cœur, de toute sa pensée, de toutes ses forces et le prochain comme soi-même.
Abraham était agréable à Dieu parce qu'il lui faisait confiance. Il crût Dieu et lui obéit. Lorsqu'il entendit son appel, il partit sans hésitation pour ce pays inconnu qu'il devait recevoir en héritage (Hébreux 11,8). Oui, c'est pour avoir fait pleinement confiance à Dieu qu’il reçut la promesse que le monde lui sera donné en héritage, à lui, et à ses descendants (Romains 4,13).
Personne ne peut être agréable à Dieu avec une foi qui n’engendre pas de l'obéissance.
C'est en Isaac que je choisirai ma descendance, en Isaac je te susciterai un peuple ! (Genèse 21,12)
Selon sa promesse faite à Abraham, Dieu lui suscita une postérité spirituelle : Christ et les enfants que Dieu lui donne (Hébreux 2,13). Cette postérité est composée des enfants de la nouvelle Alliance issus de toutes les nations. Ensemble, ils forment le corps de Christ : l'Israël spirituel, le peuple élu de la nouvelle Alliance.
Nul n'appartient à cet Israël spirituel pour être de la postérité d'Abraham selon la chair ni pour avoir été baptisé et éduqué comme enfant dans une religion chrétienne. Bien que beaucoup se considèrent à l'âge adulte comme chrétiens, ils ne sont pas des « Isaac » mais tout au plus des « Ismaël ». Car il est évident que leurs efforts de piété ne produisent pas les fruits de l'Esprit de liberté, mais les fruits amères de l'esprit d'esclavage hérité de la servante d'Abraham : Agar.
Quoique l'aîné des fils d'Abraham, Ismaël ne fût pas choisi pour perpétuer l'alliance que Dieu avait faite avec son père, car se fût un homme sauvage dont la main était contre tous ses frères (Genèse 16,12). C'est du second fils, Isaac, le fils de la promesse, que devait sortir le peuple de l'alliance. Isaac avait comme descendants deux enfants. Comment se fait-il que ses deux jumeaux Esaü et Jacob n’héritent pas ensembles les bénédictions d'Abraham ?
Esaü n'était-il pas le frère de Jacob ? Oracle de l'Eternel ; or j'ai aimé Jacob ; et j'ai haï Esaü. J’ai livré ses montagnes la désolation et son héritage aux chacals du désert. (Malachie 1,2-3)
Pourquoi Esaü fut-il exclut de l'alliance et son héritage dispersé ? Parce qu'il ne voulait pas s'intégrer dans l'économie de Dieu. Abraham devait apprendre à ses enfants - comme nous aux nôtres - ce qu'il faut faire pour s’intégrer dans les desseins de Dieu, respecter son alliance et rester au bénéfice des promesses divines. Mais Esaü n'accordait aucune valeur à son privilège comme aîné de la famille. Si peu qu’il vendit même son droit d'aînesse à son frère Jacob en se disant : à quoi peut bien me servir ce privilège si je meurs ?
Que de croyants et enfants de croyants n'hésitent pas, encore de nos jours, à gaspiller leur droit d'aînesse ! Au lieu de veiller sur leur privilège, ils vendent leur âme pour ce «plat de lentilles» que sont les plaisirs charnels et terrestres. Eux aussi pleureront un jour pour obtenir la bénédiction de Dieu ; en vain, car cette bénédiction est attachée au droit d'aînesse qu'ils ont méprisé au temps de la grâce. Ce n'est qu'en marchant dans les voies de Dieu, en faisant ce qui est juste à ses yeux, que la promesse faite à Abraham nous échoit aussi.
Tout homme se trouve soit « en » Christ soit « hors » de Christ ; chacun vit et marche « selon l'Esprit » ou « selon la chair ». Qui refuse l'invitation de Christ à le suivre s'exclue de la nouvelle Alliance et se condamne lui-même à vivre sans Dieu et sans promesse dans un monde sans espoir.