Montrez-vous bons et compatissants

Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. (Éphesiens 4, 31-32)
Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages et le malice sous toutes ses formes, sont des comportements naturels caractéristiques des personnes qui se trompent de cible (pèchent) parce qu’elles sont animées par l’esprit qui domine ce monde. Ces comportements hautains, sévères, intransigeants, égoïstes, inhospitaliers sont des exigences qui montrent clairement qu’elles ne sont pas faites sous la direction de l’Esprit Saint, même si ceux qui se conduisent ainsi prétendent être des serviteurs de Dieu.
Ces vices et injustices ne sont rien d’autres que des fruits du péché, le produit de l’esprit du monde qui rempli les coeurs de fiel et d’absinthe et rend les humains irascibles et irritables. Tôt ou tard l'amertume et l’aigreur du coeur se manifestent à l’extérieur et se transforment en haine et une colère qui emporte tout sur son passage. Malheureusement la plupart des hommes n'en sont jamais rassasiés bien qu’ils devront eux-mêmes manger ces mauvais fruits.
Nous avons comme tous les humains notre tempérament naturel. Mais au lieu de nous laisser dominer par les comportements méchants, rageurs, amers et vengeurs des hommes de ce monde, nous laissons l’Esprit de Christ faire barrage à la loi du péché dans nos membres par son amabilité, sa douceur, son amour et son pardon. Pour un disciple de Christ ces vices et injustices appartiennent au passé. Il se différencie des enfants du diable comme la lumière des ténèbres. Sa vie (nouvelle) se manifeste par la même bonté, compassion et pardon que Christ le précurseur a montré sur terre. En suivant les traces qu’il a laissées, le disciple apprend à bannir l’amertume, à rendre le mal par le bien et à pardonner la méchanceté des uns et des autres comme il a été pardonné pour la sienne.
Nul ne peut se sanctifier et être un reflet de l’éternité (du Royaume de Dieu) pour ceux qu’il côtoie sans que l’Esprit Saint l’éduque et enseigne ce qu’il doit dire et faire pour manifester la vie bienheureuse, compatissante et vertueuse de Christ. Cette éducation se réalise dans « l’école de Christ » par le moyen des épreuves, tourments et tentations qui sont le lot de tous les hommes tant qu’ils vivent sur terre. En effet, l’apôtre dit clairement :
Chacun est tenté (éprouvé) par sa propre convoitise qui l’attire et le leurre. (Jacques 1, 14)
Croyants ou non, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, tous les humains sont tentés, sans exception, comme leurs devanciers : Adam et le Christ (appelé aussi le deuxième Adam). Des deux, le premier Adam est devenu une image de l’homme irrégénéré qui n’a pas la force de résister aux tentations et qui tombe. Christ par contre, bien que rendu semblable en toutes choses à ses frères (Hébreux 2, 17), est le modèle des disciples nés de nouveau qui ont la force pour vaincre dans les épreuves et tentations et se montrer bons et compatissants les uns pour les autres et répandre le parfum de la connaissance de Christ. (2 Corinthiens 2, 14)
Au lieu de chercher de l’aide auprès de gens sensés être des plus doctes, comme les ministres de culte, médecins, psychiatres, avocats et autres conseillers matrimoniales, nous pouvons, si notre cœur ne nous accuse pas, nous adresser directement au trône de la grâce. Alors, l’Esprit de Christ, qui comprend nos vrais besoins, pour avoir été éprouvé lui-même, nous accorde le secours spirituel nécessaire au bon moment.
Avançons-nous donc avec assurance vers le trône de la grâce afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour une aide opportune. (Hébreux 4, 16)
Ce ne sont pas les mots, les suppliques, les rituels qui impressionnent Dieu, mais ce que l’Esprit Saint implore au dedans de notre coeur. Personne n’est aussi proche de nous que le Saint-Esprit qui demeure dans nos coeurs. Soyons silencieux, écoutons attentivement et laissons le faire son œuvre en nous. Gardons-nous d’attrister l’Esprit par de vaines paroles ou un cœur partagé, de peur qu’il ne se retire comme chez le roi Saül qui, jaloux de David, arrêta de faire ce qui est bon et laissa un esprit mauvais le pénétrer. (1 Samuel 18, 10-13) Nous pouvons apprendre de David que faire quand l'amertume et la jalousie de ceux qui nos entourent nous cause du mal et de la tristesse : quelquefois il suffit de jouer de la cithare, de chanter un cantique… mais quelquefois il vaut mieux s’enfuir.
Comme de bons enfants qui réjouissent leurs parents, nous pouvons, nous aussi, réjouir notre Père céleste en écoutant et méditant sa Parole et en y conformant nos actes. Ce faisant, nous évitons bien des peines, malheurs, afflictions, souffrances et tribulations.
Il n'y a qu'un seul Esprit : l'Esprit de Christ - le Saint-Esprit de Dieu. Ce « seul Esprit » ne persécute personnes et ne contredit jamais la Parole de Dieu. Il intercède pour nous et suscite en nous, lorsque nous lui obéissons, ce fruit de l’Esprit que nous sommes incapables de produit par nous mêmes.
Il ne s'agit pas ici du pardon des péchés - de la rédemption par le sang de Christ - mais de la vie de l'Esprit de ceux qui, affranchis de la puissance du péché, attendent l'affranchissement du corps et la rédemption définitive.
Nous savons... que le monde entier est sous la puissance du malin. Nous savons aussi... que Christ est le Dieu véritable, et la vie éternelle (1 Jean 5, 19-20).
Par son choix, Adam a perdu la relation intime avec Dieu. Cette relation spirituelle ne se rétablit en nous que par l’Esprit de Christ. Lorsqu’il est répandu dans nos cœurs, il nous éduque et sanctifie de sorte que nos facultés et nos membres deviennent des instruments de justice consacrés au service de Dieu. (Romains 6, 16)
Nous avons tous vocation à être doux, humble, aimable et paisible, de bannir les colères et tout ce qui s’assimilent à des injures, des criailleries, des remarques blessantes et autres injustices. Quel miracle lorsque l’entendement charnel, humain, laisse la place à une nouvelle créature qui a le même entendement que Christ : un esprit conciliant, compatissant et aimable, principalement envers les frères dans la foi. Ce n’est que là où règne un esprit conciliant, plein de compassion et de douceur, de miséricorde et de pardon réciproque, que le royaume de Dieu qui est justice, paix et joie, peut se révéler au monde.
Que notre adversaire, le serpent, nous blesse au talon avec de la honte, de l'opprobre, voire de la persécution, n'a aucune importance. Veillons seulement que son poison diabolique ne pénètre pas notre cœur.
Plus que sur toute chose, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillit la vie. (Proverbes 4, 22)
Gardons la douceur et l'amabilité envers les uns et les autres et ne nous lassons jamais d’imiter Jésus Christ dans les petites comme dans les grandes choses de la vie. Veillons à ne pas l’imiter avec la langue seulement mais avec les actes d’un cœur reconnaissant.
Tout homme qui quitte ce monde emmène avec lui ce qui lui est propre : le méchant sa méchanceté, le fraudeur sa fraude, le coléreux sa colère, le juste sa justice, le paisible sa paix, le joyeux sa joie. Cela montre combien il est important de se débarrasser de son vivant de toute forme de malice et de revêtir Christ avec sa douceur et sa bonté.
Montrons-nous bons et compatissants les uns pour les autres et veillons à ce que la malice sous toutes ses formes soit pour toujours extirpé de notre vie. Au lieu d’exiger aimons. Aimer, c’est donner. Qui aime accomplit toute la Loi.