Le bien est à ma portée

Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair ; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir. (Romains 7, 18)

Est-ce notre faute d’avoir une chair dans laquelle nul bien n’habite ? Bien sur que non ! Nous sommes nés de la chair et avec une chair, une nature, qui a des besoins et des désirs. La première chose que désirent les nouveau-nés c’est le lait maternel dont ils ont besoin pour vivre. Plus tard s’ajoutent d’autres désirs à ce besoin et, avec le temps, des convoitises.
Pour tenir les désirs dans des limites qui servent à une vie saine et à la piété, Dieu a donné des conseils simples avec les « dix paroles » (Exode 20, 1-17) - nommées par des théologiens : les « Dix Commandements ». Ces sages divines instructions figurent aujourd'hui parmi les lois fondamentales de beaucoup de nations ; elles s’en servent pour réprimander et punir (certes, de moins en moins sévèrement) les quatre principaux méfaits que sont, cités en fonction de leur gravité croissante : le mensonge, le vol, l’adultère et le meurtre.
La dixième parole : Tu ne désireras rien de ce qui est à ton prochain, ne concerne pas les désirs naturels utiles au développement du corps, mais les désirs d’imitations qui jalousent les biens d’autrui - du prochain. Comme les désirs, et aussi les pensées du cœur, sont innés à la nature humaine - la chair, il n’est pas impossible de les règlementer et encadrer par une loi.
De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair, afin que le précepte de la Loi fût accompli en nous dont la conduite n'obéit pas à la chair mais à l'esprit. (Romains 8, 3-4)
C’est pour rendre l’impossible possible que Dieu envoya son Fils. Avec son aide - l’assistance du Saint-Esprit - il est possible de ne plus convoiter et se laisser leurrer par les nuisibles désirs de la chair. Curieusement de nombreux croyants considèrent cette aide divine, qui mettent le bien à leur portée, comme un diktat et préfèrent se tourner vers des enseignements qui disent que Christ aurait accompli « l’impossible » - faire le bien - à notre place nous rendant ainsi « parfaits en lui ». Cette affirmation ne console que ces « pécheurs chrétiens » qui se disent « parfaits en Christ » tout en pratiquant aussi bien le mensonge, le vol, l’adultère, voire le meurtre.
Dieu ne nous a pas réservés pour sa colère, mais pour entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, qui est mort pour nous afin que, éveillés ou endormis, nous vivions unis à lui. C'est pourquoi il faut vous réconforter mutuellement et vous édifier l'un l'autre, comme déjà vous le faites. (1 Thessaloniciens 5, 9-11)
L'exhortation mutuelle fait partie de la vie des disciples de Christ dont le cœur est remplie de l'amour de Dieu. Ils aiment à se laisser exhorter à ne pas céder aux répréhensibles tentations des désirs et convoitises charnels qui font la guerre à l’âme. Ils savent que :
Chacun est éprouvé par sa propre convoitise qui l'attire et le leurre. Puis la convoitise, ayant conçu, donne naissance au péché, et le péché, parvenu à son terme, enfante la mort. (Jacques 1, 14-15)
Dans l’épreuve - la tentation - nous pouvons choisir entre le bien et le mal : céder aux envies, désirs et convoitises ou obéir à l'esprit d'amour. Si nous choisissons d’aimer, c’est-à-dire : donner, les convoitises ne peuvent pénétrer le cœur, elles restent dehors, seuls et meurent. Si par contre nous cherchons à imiter le monde qui nous entourent (choisir et faire comme eux), nous délaissons cette parole : Tu ne désireras rien de ce qui est à ton prochain. La convoitise conçoit et plus ou moins tôt fait donne naissance au péché qui produira la mort spirituelle.
Ce ne sont pas les objets qui posent problème, mais le désir de posséder la même chose que le prochain, le voisin, ce qui est dans les publicités, dans les vitrines. En apprenant à écouter et prendre à cœur les exhortations des anciens qui ont appris par l’usage à différencier le bien et le mal, nous laissons de côté bien des achats inutiles (souvent à crédit) et vivons loin de ces tentations qui aboutissent aux meurtres, adultères, vols et mensonges.
Car si vous vivez selon la chair vous mourrez. Mais si par l'Esprit vous faites mourir les œuvres du corps, vous vivrez. (Romains 8:13)
Le sain développement spirituel fait défaut dans bien des églises. Les fidèles sont plus habitués à s’embrasser et s’entretenir de leurs déboires, leurs souffrances et leurs désirs plus ou moins cupides que d’écouter les sermons et songer à pratiquer l’humilité, la douceur, la miséricorde, l’hospitalité et la générosité. « Nous sommes sauvés » disent-ils, oubliant que le salut en Christ signifie vivre en paix avec tout le monde et avoir un cœur rempli de l’amour divin qui manifeste le fruit de l’Esprit dans toutes les situations de la vie.
Le salut en Christ n’est imposé à personne. Si l’on ne veut pas se laisser diriger par l’Esprit de Christ - l’Esprit Saint qui conduit dans toute la vérité - et si l’on n’est pas prêts à s’armer de la pensée de souffrir plutôt que de faire le mal, on ne peut rompre avec le péché : les œuvres de la chair continueront à dominer la vie.
Le Christ ayant donc souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de cette même pensée, à savoir : celui qui a souffert dans la chair a rompu avec le péché. (1 Pierre 4, 1)
Souffrir dans la chair ne signifie pas être malade, ni souffrir physiquement. La maladie ne tue pas le péché, même si elle peut aider à renoncer aux exigences et à mieux comprendre les desseins de Dieu - le chemin du salut. En portant sa croix, en se reniant, plaintes et murmures disparaissent même si l’on devait être malade ou handicapé toute la vie. La paix règne et les œuvres de la chair sont un lointain souvenir.
C'est pourquoi nous aussi, depuis le jour où nous avons reçu ces nouvelles, nous ne cessons de prier pour vous et de demander à Dieu qu'Il vous fasse parvenir à la pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Vous pourrez ainsi mener une vie digne du Seigneur et qui Lui plaise en tout : vous produirez toutes sortes de bonnes œuvres et grandirez dans la connaissance de Dieu. (Colossiens 1, 9-10)
Tous les disciples ont vocation d’honorer le Seigneur et à porter beaucoup de fruits. Cela est possible en restant conscient, en écoutant son entourage et en apprenant à travailler avec crainte et tremblement à son salut. Nous croissons ainsi dans la connaissance de Dieu et devenons des hommes et des femmes spirituels qui, souffrants ou non, vivent dans la paix et la joie.
Du moment donc que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, là où se trouve le Chris… Car vous êtes morts, et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. (Colossiens 3, 1-3)
Certes, même étant ressuscités avec le Christ nous gardons le corps terrestre avec ses besoins naturels. Celles-ci étant d’une nature différente des désirs et convoitises qui font la guerre à l’âme, elles ne sont pas un obstacle pour vivre en nouveauté de vie et chercher les choses qui sont d’en haut, là où se trouve le Christ.