- La lettre aux Ephésiens
- Ephésiens 1
- Aux saints et fidèles en Christ
- Les bénédictions de Dieu
- Manifester la vie de Christ
- Dieu nous a élus
- Prédestinés dans l’amour de Dieu
- La richesse de la grâce
- Le mystère de sa volonté
- Réunir toutes choses en Christ
- Devenus héritiers
- L’Esprit de la promesse
- L’amour pour tous les saints
- L’héritage réservé aux saints
- La grandeur de sa puissance
- Christ, chef suprême
- Ephésiens 2
- Ephésiens 3
- Ephésiens 4
- Ephésiens 5
- Ephésiens 6
- Ephésiens 1
L’Esprit de la promesse
« En lui [Christ] vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la Rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, pour célébrer sa gloire » (Ephésiens 1,13-14).
Il y a l'esprit du monde qui a sa source en Satan, et l'Esprit Saint qui est issu de Dieu. L’esprit du monde est cet esprit d’incrédulité et de partis qui se trouve à l'origine des oeuvres de la chair (Galates 5,21) que sont l'orgueil, la désobéissance, l'idolâtrie, la vanité etc.. L'Esprit Saint, lui, est un esprit de vérité et de foi qui, inséparable de la parole de Dieu, conduit à la justice et à la sainteté. Le monde incrédule ne peut le recevoir parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point (Jean 14,17).
Beaucoup étudient avec soins les Ecritures, convaincus d’y trouver la vie éternelle (Jean 5,39). Mais bien que celles-ci rendent témoignage de Jésus-Christ, la plupart ne veulent pas reconnaître en lui « le chemin, la vérité et la vie ». Ils refusent d'accueillir Jésus-Christ parce qu'en leur for intérieur ils n'aiment pas Dieu. Et comme ils ne veulent pas reconnaître en Jésus le « consolateur » envoyé par Dieu, ces exégètes sont incapables de reconnaître cet «autre consolateur» venu des cieux : l'Esprit Saint. Utilisées dans de telles conditions, les Ecritures ne sont utiles qu'à peu de chose.
Le Saint-Esprit est aussi appelé «Esprit de la promesse» parce qu'il a été promis à ceux qui croiraient l'Évangile. Cette promesse se réalise dans le baptême de foi où le croyant naît d'eau et d'Esprit en recevant l'amour de Dieu dans son cœur. Mais comme la foi en Christ est la condition et le baptême en sa mort le moyen pour recevoir l'Esprit Saint, il ne sert à rien de baptiser quelqu'un avant qu'il n'ait entendu et cru l'Evangile : la Bonne Nouvelle. De même qu'une semence ne produit rien si elle ne tombe pas en terre, de même de la parole de Dieu reste sans fruits si elle n'est pas retenue avec foi dans notre coeur.
« Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Galates 4,26-27).
La foi est comme une demande en grâce sur laquelle Dieu appose le sceau de l’Esprit de la promesse. Corneille, un centenier dans la cohorte dite italienne, était un homme pieux qui craignait Dieu avec toute sa maison. Pourtant, sa seule piété ne suffisait pas à recevoir l’Esprit de la promesse. Avant que l'Esprit Saint ne vins sur lui, il devait entendre par la bouche de l'apôtre Pierre la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité (Actes 10).
Le baptême de foi est cette « porte étroite» par laquelle nous accédons au chemin resserré et périlleux qui mène à la vie (Matthieu 7,14). Ce chemin est si resserré que nous ne pouvons y avancer sans renoncer continuellement à notre propre volonté. Et il est périlleux parce que le diable y rôde autour comme un lion rugissant (1 Pierre 5,8) qui cherche à dévorer ceux qu’il pousse au découragement, à l'incrédulité et à la rébellion. Toutefois, armées de la puissance de l'Esprit nous pouvons, en toute confiance, traverser les épreuves et vaincre dans les tentations.
Beaucoup s'imaginent être des chrétiens parce qu'ils s'efforcent à ne plus pécher et à faire ce qui leur semble bon. Mais sans le sceau du Saint-Esprit, la plupart se fatiguent dans leur combat contre le péché et abandonnent la partie. D'aucuns se consolent alors de n’être que des « chrétiens faibles ou non pratiquants ». Cette attitude montre clairement la confusion qui existe entre les pratiques religieuses et la vie nouvelle en Christ.
Nés de nouveau, nous sommes rendus capables de vaincre le péché et de vivre en communion avec le Père et son Fils. L’Esprit Saint agit en nous de façon à toujours diriger notre foi vers « l'Évangile de notre salut ». Et cette merveilleuse espérance ne nous trompe point,
« Parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5,5).
Plein d'assurance, le coeur rempli de l'amour de Dieu, nous marchons sur la route nouvelle et vivante, que Jésus a inauguré comme «précurseur» (Hébreux 6,19), en produisant ces fruits de l’Esprit que sont l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi (Galates 5,22).
« Car l'amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, car tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi » (1 Jean 5,3-4).
« Triompher du monde » c'est la même chose que de participer à « la rédemption par la vie de Christ » : Ce si grand salut» cité en Hébreux 2,1-3.
La Rédemption par la vie
Le rôle de la rédemption par la vie de Christ est de nous détourner des choses visibles et passagères vers les choses invisibles et éternelles et de produire en nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. Elle nous révèle pleinement le dessein de Dieu, resté inaccessible aux hommes jusqu'à la venue de Christ, et nous fait mieux connaître l'amour de Dieu qui déjà nous attirait lorsque nous étions encore des impies qui ne se souciaient guère de Dieu.
« Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (Romains 5,10).
La Rédemption par la vie aboutit au salut définitif qui est une libération totale et parfaite de ce qui, en nous, est humain et terrestre. En effet,
« L’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix » (Romains 8,6).
Comme l'esprit du monde est toujours en opposition à l'Esprit Saint, nous avons à combattre le bon combat de la foi. Grâce à lui nous apprenons à suivre l'exemple que Christ nous a laissé, en remettant toutes nos affaires entre les mains du juste juge au lieu de pécher, ruser, riposter ou menacer (1 Pierre 2,21-23). Bref, nous apprenons sur le chemin étroit qui mène à la vie à distinguer le bien du mal, à faire les bons choix et à vivre à la gloire de Dieu.
L'Esprit nous donne à la fois «un gage» et «les arrhes» de notre héritage céleste avec Christ. Ces garanties nous procurent un tel avant-goût de ce qui nous attend, qu'il nous importe peu de quitter la terre ou de rester encore dans notre corps (bien que le ciel soit préférable). Mais que nous vivions ou que nous mourions, nous sommes pour toujours à Christ.
« Nous savons en effet que si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme... si du moins nous sommes trouvés vêtus et non pas nus » (2 Corinthiens 5,1).
Au terme de notre vie terrestre notre esprit quittera son corps et la notion du temps pour rejoindre la demeure éternelle que Dieu lui a préparée. C'est là que nous nous épanouirons à jamais en la présence de celui qui nous a tant aimés.
« Nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit » (1 Corinthiens 2,12-14).
Les biens de l’Esprit sont des trésors que nous devons jalousement surveiller de crainte que Satan ne nous les ravisse. Par diverses ruses, il cherche à nous faire douter des «si grandes promesses» lorsque notre foi est éprouvée dans les afflictions, les tribulations et les persécutions. Cependant ce n’est qu'à ceux qui ne possèdent rien qu’il ne vole rien ! D’autre part, l'Esprit Saint est si puissant que nous pouvons lui résister avec une foi ferme et ainsi le chasser loin de nous (Jacques 4,7).
Notre foi est la victoire du monde, dit l'apôtre Jean. Cette foi n'est pas celle qui croit en «Christ le crucifié», mais celle qui croit en «Christ le ressuscité » assis à la droite de Dieu.
« Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est autrui, qui vous donnera ce qui est à vous » (Luc 16,10-12) ?
Ces moindres choses sont « nos biens » : toutes les choses visibles, terrestres et passagères que Dieu nous confie pour un temps. Si nous ne gérons pas fidèlement les choses terrestres (que nous laisserons de gré ou de force à autrui) nous attendrons en vain que Dieu nous confie pour toujours ses trésors célestes.