Je vous exhorte donc

Je vous exhorte donc, moi le prisonnier dans le Seigneur, à mener une vie digne de l’appel que vous avez reçu… (Éphésiens 4, 1)
Donc ! Cette conjonction marque les conséquences des faits énoncés dans les trois premiers chapitres se rapportant : (1) au plan divin du salut, aux bénédictions spirituelles et à la réunion de toutes choses en Christ ; (2) au salut et à l’unité des saints dans le Christ et leur insertion dans la maison de Dieu ; (3) au mystère d’une nouvelle dispensation et de la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l’amour du Christ.
Partant de ces faits, la vie des disciples de Christ se précise quant : (1) au comportement comme membre du corps de Christ (ou comme pierre vivante dans la maison de Dieu) ; (2) aux relations mutuelles dans l’Église ; (3) aux conduites à tenir en famille et dans le monde.
Nous sommes tous différents les uns des autres. Chacun a reçu son propre appel et est placé et dans les assemblées et dans le corps de Christ selon un divin dessein. Cependant nous avons tous la même vocation de croître pour le salut, de nous édifier et de collaborer pour :
Former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ. (1 Pierre 2, 2-5)
Collaborer à la construction de cette maison spirituelle se fait lorsque nous vivons dans nos foyers, nos assemblées et au milieu du monde dans la lumière et en communion avec Christ. Ressuscités à une vie nouvelle, notre esprit s’attache aux lieux célestes où se trouve Christ dont l’infinie grandeur de sa puissance agit en nous au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons. Elle nous donne tout ce qui concerne la vie et la piété et nous fait connaître celui qui nous a appelés à partager sa gloire et sa vertu. (2 Pierre 1, 3)
MOI LE PRISONNIER

Ce n’est pas comme simple prédicateur que l’apôtre Paul nous incite à travailler à notre salut, mais comme prisonnier (à l’image d’un toxicomane asservi aux stupéfiants) de la vision de l’inépuisable richesse de l’héritage divin. Prisonnier du privilège inestimable de connaître Christ, il nous encourage à être ses imitateurs:
Désormais je considère tout comme désavantage à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j’ai accepté de tout perdre… (Philippiens 3, 8)
Sans être pressé par l’amour de Dieu et sans le concours de tous les saints, nous ne pouvons collaborer à l'édification de la maison de Dieu et contribuer à ce que sa hauteur se fonde dans les profondeurs infinies de la plénitude divine.
Il ne faut pas confondre les œuvres que les hommes font (pour Dieu) en édifiant des temples de pierres avec l’œuvre excellente que Dieu veut faire « en » l’homme pour qu’il réalise la plénitude de Christ. (Éphésiens 4, 13) Cette œuvre intérieure commence avec la nouvelle naissance d’eau et d’Esprit qui place le croyant dans une situation semblable à celle de Jésus-Christ qui selon la chair est issue de la lignée de David, mais selon l’esprit de sainteté fut établit Fils de Dieu avec puissance. (cf. Romain 1, 4)
II y a beaucoup d'espoir pour ceux qui dès leur nouvelle naissance prennent une part active à l’Évangile. Passés la porte étroite, ils apprennent à marcher sur le chemin resserré et périlleux qui mène à la vie. Cette œuvre excellente « en » nous a vocation à se poursuivre jusqu'au Jour du Christ Jésus. (cf. Philippiens 1, 3-6)
Sans tomber dans une crainte servile du péril qui guette sur ce chemin, nous sous-estimons cependant pas la capacité du diable à dresser des obstacles pour nous faire trébucher, gardons la foi que Dieu nous soutiendra et nous préservera de toute chute (comme il a puissamment soutenu Jésus pour vaincre le diable).
A celui qui peut vous garder de la chute et vous présenter devant sa gloire, sans reproche, dans l'allégresse, à l'unique Dieu, notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur, gloire, majesté, force et puissance avant tout temps, maintenant et dans tous les temps ! Amen. (Jude 24-25)
Une œuvre bien commencée, est œuvre moitié achevée, dit un adage. L’œuvre de Dieu se poursuit « en » lorsque nous suivons cette invitation :
Si, faisant le bien, vous supportez la souffrance, c'est une grâce auprès de Dieu. Or, c'est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a pas commis de faute - et il ne s'est pas trouvé de fourberie dans sa bouche… (1 Pierre 2, 20-22)

MENER UNE VIE DIGNE

Vivre dignement de l’appel reçu à vivre dans la lumière, dans la communion avec Dieu. Mener une vie digne va de pair avec « se supporter les uns les autres avec charité ». N’est-ce pas évident qu’un enfant de Dieu soit charitable ? Certes, mais comme nous avons un corps de chair qui s’épuise et se détériore, nos faits et gestes scandalisent bien plus facilement qu’ils n’édifient. Certes, nous partageons réciproquement ses faiblesses et imperfections de la nature charnelle, mais beaucoup ne les supportent pas chez les autres et n’hésitent pas à faire « d’une mouche un éléphant ».
Ces faits et gestes humaines (qui sont contraire à la perfection) l’apôtre les appelle des « actions du corps » qu’il nous invite à faire mourir sous la direction de l’Esprit Saint. (Romains 8, 13) Et parce que l’élimination de ces erreurs et insuffisances que nous pensons, disons et faisons prend beaucoup de temps, nous sommes exhortés à nous comporter dignement en nous supportant les uns les autres avec charité.
C’est la vie quotidienne qui manifeste ce que nous sommes. Bien des gens se comportent et s’habillent (encore) convenablement en public ; mais cet aspect extérieur contredit souvent leur vie intime émaillée de querelles, infidélités, bouderies, mépris etc. Et comme bien des gens se disant croyants font de même, il y ce dicton : l’habit ne fait pas le moine !
Comme témoins de Christ notre mission est de veiller à ne pas provoquer de l’amertume en offensant ou irritant ceux que nous côtoyons. Notre vocation est d’être doux, indulgent, compatissant et bienveillant envers tous, même envers ceux qui contredisent l’Évangile, se moquent de nous et nous maltraitent.
Lorsque il n’y a pas (ou plus) d’exhortations dans les réunions on trouve, à la place du fruit de l'Esprit, ces fruits immangeables que sont « les œuvres de la chair ». Cet indice attristant et alarmant montrant que l’assemblée a perdu de vue l’adversaire des âmes et oublié les prémices même du salut.
C'est pourquoi nous devons nous attacher avec plus d'attention aux enseignements que nous avons entendus, de peur d'être entraînés à la dérive. Si déjà la parole promulguée par des anges s'est trouvée garantie et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, comment nous-mêmes échapperons-nous, si nous négligeons pareil salut ? (Hébreux 2, 1-3)