Esclave du péché - esclave de la justice.
L'être humain est capable du meilleur et du pire. Son comportement ne dépend que de l'esprit qui l'anime et qui exerce son pouvoir sur lui. Aussi longtemps qu'il est sous l'influence de l'esprit du monde, il est et restera un esclave du péché. Par nature, l'homme est un prisonnier de Satan. C’est pour l’affranchir de cette domination que Christ est mort sur la croix, et, pour lui permettre de ne plus retomber sous l'esclavage du péché Christ envoya après sa résurrection son Esprit. L'Esprit Saint qui donne force et pouvoir pour vaincre le péché et être des témoins de Christ par une vie de sanctification dans l'obéissance de la foi.
« Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclave de la justice » (Romains 6,18). Après la nouvelle naissance et l’affranchissement de la puissance du péché, les disciples entrent dans une vie de sanctification. C'est tous ceux qui sont nés de nouveaux que l’apôtre Paul exhorte : « travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut » (Philippiens 2,12). Ce travail ne peut pas se faire sans notre consentement, car il consiste à nous affranchir des actions de notre corps : ces actions naturelles, humaines et sentimentales que nous commettons consciemment ou inconsciemment. A travers cette oeuvre de sanctification, notre vie commence à être imprégnée par ce qui est divin ; nous nous laissons conduire par l’Esprit, suivons ses indications et agissons comme il le désire. Ainsi l’Esprit peut transformer notre vie humaine et naturelle en une vie spirituelle à l’image de Dieu.
Les enfants de Dieu ont souvent (particulièrement au début de leur vie chrétienne) un comportement humain très prononcé, plus ou moins indiscipliné et insoumis à l'Esprit. Ils donnent ainsi à « ceux du dehors » - aux incroyants - l’occasion de se moquer de Dieu et de tourner en dérision le beau nom de Christ et l'oeuvre de l'Esprit Saint. C'est la raison pour laquelle les Colossiens sont exhortés à se conduire avec sagesse envers ceux du dehors, de racheter le temps et d'avoir une parole qui soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin de savoir comment il faut répondre à chacun (cf. Colossiens 4,5-6).
Lorsqu'il s'agit là d'une maladie de jeunesse, elle trouve son origine dans un manque de vigilance. Dans l'enthousiasme de la conversion on oublie - ou on ne le sait pas encore - qu'une bonne disposition de coeur n'est pas suffisante à elle seule, pour faire la volonté de Dieu. Il faut apprendre que toute confiance en la chair, c'est-à-dire en soi-même, est opposée à la volonté de Dieu. Les disciples de Jésus, pourtant bien disposés à le suivre, furent incapables de veiller une heure avec lui et s'endormirent. C 'est à cette occasion que le Seigneur leur dit de toujours veiller et prier, afin de ne pas tomber dans la tentation ; car, dit-il, l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible (cf. Matthieu 26,40-41).
Et nous voyons par là combien l'esprit humain - même lorsqu’il est bien disposé - est contrarié par la volonté de la chair. Non seulement la volonté charnelle et humaine est incapable d’obéir à l’Esprit, mais elle ne le veut même pas. Car se soumettre aux commandements de Dieu signifierait que la volonté humaine devrait s'opposer à elle-même… Comme cela n'est pas possible, la chair avec ses désirs doit être crucifiée avec Christ. Il est bon de toujours se rappeler que l'affection de la chair est inimitié contre Dieu, qu'elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu'elle ne le peut même pas (Romains 8,7).
Bien que la nature de l'homme soit corrompue, elle n'est cependant pas sans valeur. Au contraire ! Il est justement dans le plan de Dieu de la transformer en quelque chose de bon. Mais pour réussir cette transformation, il faut que la nature humaine soit empêchée de faire ce qu'elle veut ; elle doit être assujettie à l'Esprit et être soumisse à ses injonctions durant ce temps d'épreuves que nous passons sur terre. Pour que la réussite soit heureuse, il convient que nous ayons, à cause de notre nature charnelle, une opinion modeste sur nous-mêmes et, à cause de l'Esprit qu'il a fait habiter en nous, de grandes pensées sur Dieu.
Il est tout à fait convenable, au regard de notre condition humaine et de ce que nous étions auparavant, de nous tenir dans la crainte et dans une profonde humilité. Mais en considérant la vie nouvelle et l'oeuvre que Dieu a créée en nous et l'espérance du prix de la vocation céleste, nous pouvons et devons toujours triompher. Ce n'est pas une hypocrisie que d'avoir cette attitude double. Ce qui est de Dieu doit être glorifié et ce qui est de l'homme doit être caché. Le roi David avait illustré ce comportement, lorsqu'il dansait devant l'Eternel pour le glorifier, tout en disant à sa femme qu'il voulait paraître plus vil encore aux yeux des hommes et s'abaisser à ses propres yeux (cf. 2 Samuel 6).